Existe-t-il un lien entre Kuna, Vaudois et Afrikaners… ? - Musée géologie ethnographie


abbaye cistercienne de silvacane

Histoire du Village de La Roque d’Anthéron

L’histoire de La Roque d’Anthéron est complexe.
Déjà présente à l’aube de l’humanité, puis sous la domination romaine, elle ne prend son essor que très tard, meurt et renaît de ses pierres en 1513 par la volonté de Jean de FORBIN.
Elle devient à moitié vaudoise, c’est-à-dire considérée comme hérétique !... A cette époque, l’Abbaye de Silvacane n’est déjà plus cistercienne.
Le valdéisme apparait au XIIème siècle à Lyon, il s’intègre dans la même dynamique qui fit naître les Cisterciens, les Franciscains, les Prémontrés et bien d’autres mouvements qui disparaîtront ensuite.

Pourquoi et comment plus de 300 ans après, retrouve t- on des vaudois à La Roque d’Anthéron ?.... Qui sont-ils ?..... Pourquoi certains sont-ils partis en Amérique Centrale ?... Comment leurs descendants ont-ils construit l’Afrique du Sud !...

A la fin du XVème siècle, la pression politico-religieuse et les changements économiques poussent les populations vaudoises de Haute Durance à quitter leurs sanctuaires alpins pour s’installer en basse Durance, territoire vidé de sa population par la peste et les guerres de succession du royaume de Provence.
Avec ses sœurs du Luberon, La Roque d’Anthéron est recolonisée, les nouveaux venus étant paysans, souvent bons connaisseurs en arboriculture.

Deux générations plus tard, le temps des bûchers se réveille, et la vallée s’embrase. En une semaine, 21 villages, sont détruits, 3000 femmes et enfants massacrés ; tous n’étaient pas vaudois!

Les grands départs
Les vaudois du Luberon avaient connaissance de la redécouverte des Amériques par Christophe COLOMB, comme en témoigne les piliers à têtes d’Amérindiens supportant trois cheminées du château de Lourmarin.
Si l’influence des huguenots fuyant la « Révocation de l’Edit de Nantes » (1685) est effective en Amérique du Nord, celle des huguenots d'origine vaudoise partis cent ans plus tôt, l'est en Amérique Centrale.


Les Kuna
Beaucoup de peuples dits « premiers » méritent attention car ce ne sont pas des sous-développés, mais des sociétés ayant d’autres valeurs que les nôtres, avec une primauté du convivial et du spirituel sur le compétitif et le matériel. Si notre musée présente essentiellement les Kuna, c’est que ce peuple est le plus facilement accessible à la compréhension de tous les Européens du fait du syncrétisme qu’il a, mieux que beaucoup d’autres, su réaliser avec les civilisations dites « développées ». Ce syncrétisme s’exprime dans les aliments, l’art et les techniques.

Les Kuna forment une société à étiquette où la maîtrise de soi et le respect de l’autre sont à la base du comportement général. C’est un peuple très industrieux, minutieux, travailleur – même si la relation sociale y est beaucoup plus importante que l’acquisition ou la production de biens. L’art y est un moyen essentiel d’expression : sculptures sur bois pour les hommes, sur tissus pour les femmes. Mais aucun des deux sexes ne cherche à faire une statue ou un tableau : le fruit de leur travail est un objet chargé de pouvoirs et de sens, anonyme, non daté, existant par lui-même et par la charge d’âme qui lui a été conférée. C’est la raison pour laquelle, si l’on excepte les productions artisanales destinées au négoce, les Kuna se soucient peu du devenir de leurs œuvres qui, une fois produites, mènent, seules, leur propre existence.

L’influence des arts kunas s’étend progressivement sur diverses productions d’autres peuples amérindiens. Elle marque aussi de son empreinte nombre d’artistes contemporains issus de milieux dits « cultivés ».


Afrikaners de Durance
Suzanne REYNES de La Roque d’Anthéron épouse Pierre JOUBERT le 01 février 1688 ; ils fuient la France avec les MALAN, JOURDAN, MESNARD, ROUX, tous des gens de chez nous, et embarquent le 4 août 1688 sur le « Berg China », un navire en partance pour l’Afrique du Sud!.... Suzanne n’arrivera jamais dans l’autre hémisphère!.... Que sont devenus aujourd’hui ces africains du Luberon ?
Pour aller plus loin :
L’espace Kuna, au Musée de Géologie et d’Ethnographie, vous invite à découvrir par delà l’espace et le temps, la rencontre de deux traditions, l’une occidentale meurtrie, l’autre amérindienne cachée.

Des visites guidées du village vaudois vous sont proposées.
Renseignements à l’Office Municipal de Tourisme – cours Foch-04 42 50 70 74


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